En août 1917, le maire de Fourmies condamné à 15 ans de prison
Montage Pagnier Patrick
En août 1917, le Maire de Fourmies condamné à 15 ans de prison.
Dans le livre de Fourmies, Wignehies, Rocquigny, au chapitre « Trieux de Villers », Claude Lompret nous fait découvrir une trentaine de documents sur ce hameau, dont une photo d’Ephrem Coppeaux. Dans ce troisième recueil de 174 photos sur Fourmies, et par manque de place, les légendes sont toujours écourtées. Cependant voici une information détaillée de cet homme politique Fourmisien :
"Manassé, Ephrem Coppeaux, né le 15 février 1870 à Esquéhéries (Aisne), fils de boulanger, est venu à 17 ans, travailler avec ses frères, dans les tissages de Fourmies. Ouvrier tisseur, employé comptable à la Condition Publique des Laines, voyageur de commerce et commerçant (son épouse tenait une petite épicerie rue Alphonse Staincq), réorganisa le syndicat textile après la fusillade du 1er Mai 1891. Élu conseiller municipal puis maire de 1908 à 1931. Il partagea son premier mandat municipal avec Augustin Derre, Alphonse Moreau ; Adjoints, et avec les Conseillers ; Godimus, Benoît Soufflet, Moucheron, Parmentier, Baillon, Grimont, Léon Rousseaux, Emile Damploux, Delattre, Delhaye, Prince, Marius Jadinot, Emile Rousseaux, Alphonse Dehove, Lanneau, Alfred Paris et Léonce Moity.
Ephrem Coppeaux fut également élu Conseiller Général de 1919 à 1931 et Député Socialiste du 11 mai 1924 au 31 mai 1928. Il créa et développa dans la ville les œuvres d’assistance et de salubrité. Pendant la Première Guerre mondiale, non mobilisable, il considéra son mandat de maire comme un poste de combat. Dès le début de l’invasion, il tient tête aux exigences de l’ennemi et devient suspect... Arrêté en août 1917, sur ordre du Major Von Schlichteisen et de l’Hauptmann Hummel, traduit en conseil de guerre, condamné à 15 années de réclusion, il fut emprisonné à Avesnes sur Helpe jusqu’à l’Armistice. "
Le 23 juin 1923, Ephrem Coppeaux, toujours maire de Fourmies, inaugura sur la Place Verte le monument érigé à la mémoire des Enfants de Fourmies, morts pour la France au cours de la guerre 1914-18.
Le mercredi 10 juin 1931, il décéda à Trieux. Quatre jours après, le samedi 13 juin, la population fourmisienne assista aux imposantes funérailles de celui qui avait assumé pendant 23 ans, la charge de premier Magistrat de la ville. Son 1er adjoint, Alfred Derigny accueillit beaucoup de personnalités : Daniel Vincent, ancien ministre et sénateur, Louis Loucheur, également ancien ministre, les députés Ernest Couteaux et Léo Lagrange, M. Cheberry ; Sous-Préfet représentant le Préfet du Nord, ainsi que de nombreux maires et notables de la région.
Le 15 août 1933, le maire Alfred Derigny inaugura, près du bassin d’eau sur la Place Verte, le monument à la mémoire d’Ephrem Coppeaux. Quelques instants plus tard, eut lieu l’ascension d’un ballon sphérique intitulé Ville de Fourmies et dans la soirée furent donnés des concerts par différentes sociétés de musique des environs. Le 10 juin 1931, par délibération du Conseil municipal, la rue du Fourneau (du Pont Jean Jaurès à l’actuelle rue Antoine Renaud) est nommée rue du Maire Coppeaux.
Le tome III de Fourmies, Wignehies, Rocquigny, par Claude Lompret,
* collection Mémoire en images, éditions Alan Sutton est disponible en librairie, bureau de tabac, Ecomusée, Office de Tourisme et grandes surfaces.

Le Courrier de Fourmies du 7 11 2008 - Mémoire en Images - collection Claude Lompret.
